CONCERT EGLISE N-D de l'Assomption PARIS 6 octobre 2013

Publié le 20/04/2013 à 09:30 par pierredelarue Tags : dessous paris

En hommage à Madame de Chambure, l'Ensemble Ars Antiqua de Paris donnera le programme ci-dessous le dimanche 6 octobre 2013 à 16 heures, dans l'église Notre-Dame de l'Assomption, 90 rue de l'Assomption  Paris, métro Ranelagh

Entrée libre

ARS ANTIQUA DE PARIS

Lindy Carmalt, soprano - William Duranceau, contreténor

Richard Hawkings, ténor - Alan Wittrup, basse

Raymond Cousté, luth

Michel Sanvoisin, direction

OEUVRES DE PIERRE DE LA RUE

PROGRAMME

O salutaris hostia

Laudate Dominum

Luth

Magnificat tone IV

Luth

Quis dabit pacem

Luth

Sous ce tumbel

Missa "Nunca fué pena mayor"



Missa Puer natus est - Missa de Sancta Cruce

Publié le 25/03/2013 à 09:36 par pierredelarue Tags : paris
Missa Puer natus est - Missa de Sancta Cruce

L'Association Pierre de la Rue a produit ce disque interprété par l'Ensemble ARS ANTIQUA deParis, disponible au prix de 15 € port inclus    msanvoisin@yahoo.fr

chèque à: Association Pierre de la Rue 64 rue de Turenne 75003 Paris

Missa Puer natus est à 4 voix

Laudate Dominum omnes gentes à 4 voix

Magnificat tone IV à 4 voix

Missa de Sancta Cruce à 5 voix

Lindy Carmalt soprano, William Duranceau contreténor, Richard Hawkings ténor, Thibaut Lenaerts ténor, Christophe Olive baryton Michel Sanvoisin direction

CONCERT A ROSIERS D'EGLETONS

Publié le 01/03/2013 à 15:53 par pierredelarue

Le dimanche 26 mai 2013 à 15 h dans l'église, Ars Antiqua de Paris (4 chanteurs, orgue positif) donnera ce programme au profit de la restauration de l'église de Rosiers d'Egletons (12e-16e siècle). Ce village de la Corrèze est le lieu de naissance des papes d'Avignon Clément VI et Grégoire XI.

Au temps des troubadours et des trouvères (XIIe-XIIIe siècles)

Reis glorios (alba)     Guiraut de Borneilh

Trotto et saltarello      Anonyme

Be m'an perdut          Bernard de Ventadour

Domino (orgue)         Ecole Notre-Dame

Je muir d'amourete    Adam de la Halle

Au temps des papes d'Avignon

Kyrie "Jhesu Deus dulcissime"      De Franciaco

De tout flors (orgue)                   Guillaume de Machaut

Motet "Trop plus est belle"           Guillaume de Machaut

Au début de la Renaissance

Pièce d'orgue (1452)                Paumann

Sous ce tumbel                        Josquin des Prés

Missa "Nunca fué pena mayor"   Pierre de la Rue

Kyrie-Gloria-Credo-Sanctus-Agnus dei

Nouveau programme

Publié le 15/02/2013 à 12:17 par pierredelarue Tags : Messe XVIème siècle Pierre de la Rue

ARS ANTIQUA DE PARIS PROPOSE UN NOUVEAU PROGRAMME Pierre de la Rue

4 chanteurs   luth    direction Michel Sanvoisin

Sous ce tumbel  Anonyme

Quis dabit pacem (mort de Laurent le Magnifique)     Pierre de la Rue

Secretz regretz

A vous non autre (trio)

Il est bien heureux

Pièces de luth musique espagnole XVIème siècle

Missa "Nunca fué pena mayor"

contact: msanvoisin@yahoo.fr

PROPOSITION DE CONCERT

Publié le 06/12/2012 à 11:24 par pierredelarue Tags : concert renaissance
PROPOSITION DE CONCERT

ARS ANTIQUA DE PARIS PROPOSE UN NOUVEAU PROGRAMME:

5 chanteurs, luth, direction Michel Sanvoisin

Quis dabit pacem ( mort de Laurent le Magnifique)   Pierre de la Rue

La déploration de Johan. Okeghem    Josquin des Prés

Cueurs desolez/Dies illa     Anonyme

Pièces de luth

Sous ce tumbel (Epitaphe de l'Amant Vert)    Josquin des Prés

Incessament mon povre cueur lamente     Pierre de la Rue

Missa de Septem doloribus (à 5 )      Pierre de la Rue

Ce progamme doit être donné dans une église

CONTACT: msanvoisin@yahoo.fr

 

Concert église d'Hermance (Genève) 2-12-2012 à 17 h

Publié le 20/09/2012 à 12:23 par pierredelarue Tags : concert

Ars Antiqua de Paris, direction Michel Sanvoisin, avec: Lindy Carmalt soprano, William Duranceau contreténor, Richard Hawkings ténor, Alan Wittrup basse et Raymond Cousté luth, donneront un concert de Noël le dimanche 2 décembre 2012 à 17 heures dans l'église d'Hermance (Genève, Suisse), entrée libre.Programme, oeuvres de Pierre de la Rue:

Tous nobles cuers ( 3 flûtes à bec) - Pourquoy tant me faut-il -Fantasia VIII et Cancion del Emperador (luth) de Luys Milan - Laudate dominum - Pour ung jamais (3 flûtes à bec) - O salutaris hostia - Fantasia X (luth) de Luys Milan - Pavana de Alexandre, Gaillarda d'Alonso Mudarra - Missa "Puer natus est" (Kyrie,Gloria, Credo, Sanctus, Agnus.

Pierre de la Rue

Publié le 11/03/2012 à 09:38 par pierredelarue Tags : vie

Contemporain de Josquin des Prés, Pierre de la Rue (vers 1460-1518) a servi successivement pendant près d'un quart de siècle les Bourgogne-Habsbourg: Maximilien Ier (Empereur du Saint-Empire Romain), Philippe le Beau (Roi de Castille), Jeanne d'Espagne, Marguerite d'Autriche (Régente des Pays-Bas) et l'Archiduc Karl, futur Charles Quint.

Né probablement à Tournai, il est mentionné comme ténor et compositeur dans les registres de la Confraternité d'Hertogenbosch de 1489 à 1492. Il accompagna Philippe le Beau à deux reprises en Espagne (1501 et 1506) et passa le reste de sa vie en Flandre. Il se retira en 1516 à Courtrai où il mourut le 20 novembre 1518.

Il a composé trnte messes, sept fragments de messe, trente sept motets, huit magnificats, des lamentations et vingt-quatre chansons.

Modalité - Tonalité - Musica ficta

Publié le 04/12/2011 à 18:43 par pierredelarue Tags : musique mode

Pierre de la Rue est à la charnière de la musique modale et de la musique tonale. L'édition moderne propose des solutions aux problèmes de la "musica ficta", c'est à dire à l'ajou d'altérations censées éviter des intervalles mélodiques "interdits" et obéir à des règles qui s'avèrent parfois inapplicables. Prenons quelques exemples.

D'abord bien lire le cantus firmus, et penser à la ligne mélodique

Dans un grand nombre de ses messes, Pierre de la Rue utilise un ou plusieurs cantus firmus d'origine grégorienne. Il s'agit de thèmes écrit dans les modes utilisés au moyen-âge. Transformer ce thème mélodique par l'adjonction d'altérations (bémol le plus souvent) revient à détruire le mode et à passer dans une tonalité.

Etudion la Missa de Septem doloribus: dans le Kyrie II, on trouve le mouvement mélodique si-la fa. Le cantus firmus PERDUCATqu'imitent toutes les autres voix, ne possède pas de si bémol. L'éditeur suggère de l'ajouter, ainsi que dans toutes les voix en imitation afin d'éviter l'intervalle mélodique fa-si, quarte augmentée ou diabolus in musica.Mais, mélodiquement, il est écrit fa-la-si, et nous ne sommes pas en présence de la quarte augmentée mélodique et pouvons rester fidèle au mode choisi par le compositeur, et non pas établir dans ce passage la tonalité de fa majeur - en ajoutant un bémol au si, pour éviter une quarte augmentée qui en fait n'existe pas. On trouve de très nombreux exemple dans l'oeuvre de Pierre de la Rue ( Missa Pascale - Missa pro fidelibus defunctis...) etc.A d'autres endroits de la Missa de Septem doloribus il est évident que si ne peut pas être bémol. Peut-il y avoir deux versions du même plain chant, l'un avec si naturel, l'autre si béol? De même dans la Missa Puer Natus est, ainsi que dans la Missa sine nomine I qui est dans le même mode que cette dernière.

Problèmes d'interprétation

Publié le 03/12/2011 à 19:13 par pierredelarue Tags : femme france vie musique fille mort voyage divers danse isabelle chez enfants livres art homme travail bonne

Musique à la cour de Philippe le Beau et de Marguerite

Dans le Chapitre III de "Music at the Courts of Philippe le Beau and Marguerite" (The Chansons albums of Marguerite of Austria, University of California Press, Berkeley and Los Angeles), Martin Picker écrit:

"A travers les XVème et XVIème siècles la musique jouait un rôle majeur dans la vie religieuse et sociale des Cours de Bourgogne-Pays Bas. La musique sacrée était étroitement liée aux activités quotidiennes de la chapelle de la cour - messe, heures (principalement les vêpres), et certains rituels, comme les services de commémoration, la solennisation des traités, les mariages etc. La musique de la chapelle était dans les mains du clergé et de chanteurs éduqués, deux groupes que l'on peut difficilement distinguer. Les membres de la chapelle de la cour cumulaient les charges de prêtre, chanteur, compositeur, chef de choeur, organiste, maître de musique et bien souvent copiste au cours de leur fonction. Le statut social élevé des clercs et des musiciens de la chapelle est reflèté dans les listes dressées par le trésorier pour les salaires et les objets d'inventaire, dans lesquels la chapelle précède toujours les autres départements. Les noms des aumôniers est habituellement précédé d'un respectueux "sire" ou "messire". Qu'ils soient prêtres ou non, les aumôniers appartenaient à la classe privilégiée cléricale. Les principaux musiciens interprêtes et les compositeurs de la Cour avaient la fonction d'aumônier, écrivant leurs messes et leurs motets pour les services quotidiens de la chapelle, où ils participaient eux-mêmes à la formation du choeur.

Les instrumentistes de la Cour, à l'exclusion de l'organiste de la chapelle, étaient attachés à la maison du souverain comme "varlets" et étaient clairement d'un rang social inférieur à celui des aumôniers. Ils pourvoyaient au divertissement et accompagnaient la danse, la chasse et les processions. A l'occasion, lorsque la pompe et la cérémonie le demandaient, ils se joignaient au choeur de la chapelle pour jouer la musique du service divin. A leur tour, les aumôniers participaient à la vie séculière de la cour, en donnant l'instruction musicale à la noblesse et parfois même aux instrumentistes. Ils composaient des chansons pour le divertissement de la cour, ainsi qu'on le voit dans les chansonniers de Marguerite d'Autriche.

Les souverains Habsbourg maintinrent l'organisation de la chapelle de la Cour de Bourgogne comme elle fut établie en 1431 à Dijon par le duc Philippe le Bon pour chanter quotidiennement la messe "à chant et à deschant". En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, la chapelle comptait quarante hommes, incluant un évêque confesseur, trois autres prêtres, plusieurs aumôniers, chanteurs, divers officiers cléricaux et serviteurs et un organiste, tous,à l'exception de l'évêque, sous la direction d'un premier aumônier.

Les règles trditionnelles de la chapelle établies par Philippe le Bon furent restaurées en 1515 lorsque Charles d'Autriche réorganisa sa cour à l'occasion de sa majorité. Cela signifiait que chaque jour une Grande Messe, les vêpres, complines et les offices de certains jours de fête devaient être chantés. L'une des règles stipulait qu'un motet ne pouvait pas être chanté pendant le messe, sauf par ordre exprès du monarque. Une vie musicale active à la cour est indiquée pour la période de la régence de Maximilien (1482-1493), et une grande partie de la restauration de la splendeur bourguignonne est due au monarque autrichien. Mais la cour ne retrouva son éclat initial que sous le règne de Philippe le Beau, qui obtint les pleins pouvoirs en 1493, à sa quinzième année. La liste la plus ancienne de la chapelle domestique de Philippe se trouve dans les comptes de la période 1492-1495. Une note indique que les vingt-cinq membres de la chapelle n'ont pas été payés "depuis le 17 novemvre 1492, quand le roi des Romains les retenaient à son service, jusqu'au 30 septembre 1495", quand ils furent transférés sur les comptes de la maison de Philippe. Parmi les aumôniers nous trouvons les noms de Nicole Mayoul, "premier aumônier", Govard Nepotis, organiste, et parmi les huit "chantres" le compositeur Pierchon de la Rue. La liste comprend deux "tenoristes", un "haut-contre" et les usuels "clercs" et servants.

Les solennités religieuses de la cour de Philippe n'étaient pas célébrées dans le palais de Marguerite d'York à Malines, qui n'avait pas de chapelle, mais dans la proche paroisse Saint Pierre et Paul ou, dans les grandes occasions, dans l'église collégiale (plus tard cathédrale) de Saint Rombaut. En ce temps, il y a deux organisations de chapelles: une "grande chapelle", qui possède les principaux musiciens, comptant quatorze aumôniers en 1496, en plus de deux "clercs" et sept servants au moins, et une "petite chapelle", consistant en six clercs, deux aumôniers et deux "sommeliers" pour la célébration des Messes Basses dans l'oratoire de l'archiduc qui joint ses appartements privés. La maison du souverain comprenait douze trompettistes et un tambourin, ainsi que d'autres instrumentistes comme des joueurs de sacqueboute, violes, luth et autres. Ce joueur de tambourin était bien sûr un musicien professionnel et était parfois danseur et clown également. Les archives de Malines pour 1496 et 1500 retient leurs noms: Charlis, tambourin de Marguerite et Portier ou Portghinder, celui de Philippe.

La musique séculaire ne manquait pas de considération à la cour de Philippe. En 1495 des "menestreurs" de Bruxelles jouaient "plusieurs chansons sur leurs instruments à la table princière".

En 1500 apparaît un nom important dans les listes de la chapelle ducale, Henry Bredemers, qui remplace Govard Nepotis l'organiste décédé. Bredemers était un joueur de clavier réputé. Né vers 1472, probablement à Namur, il était en 1488 choriste à la chapelle de la Confraternité de Notre-Dame à la cathédrale d'Anvers. Il devint l'organiste de la Confraternité en 1493 et fut plus tard l'organiste du grand choeur de la cathédrale. En 1500/1501 il entra au service de Philippe et fut actif comme joueur de plusieurs instruments, professeur et acheteur d'instruments pour la cour. En 1501 Philippe le rétribua pour obtenir "un grand instrument comme un manicordium" qu'il utilisa pour accompagner les messes dans son oratoire.

Le compositeur Alexandre Agricola décrit comme "chappelain" et "chantre" est également mentionné dans les listes de 1500. En 1501 Philippe fit des arrangements pour voyager avec sa femme et sa cour entière en Espagne. Quinze aumôniers, incluant "Pierçon de la Rue", "Maistre Alixandre" et "Henry l'organiste", et un grand nombre d'instrumentistes (neuf trompettistes, trois joueurs de musette, quatre joueurs de sacqueboute et deux tambourins) prirent part au voyage. L'un des trompettistes était le fameux "Augustin Sobinger, joueur de lut et de cornet" allemand qui joignit le choeur lors de l'exécution d'une messe à Toledo en 1502: "Les chantres du Roy (Ferdinand) chantèrent une partie de la Messe, les chantres de monseigneur l'autre partie; maistre Augustin joua le cornet avec les chantres de monseigneur, qui était bon à ouïr avec les chanteurs". La cour voyagea vers l'Espagne à travers la France et retrouva la cour française à Paris en novembre 1501. Jean Molinet décrit une messe à Blois où Louis XII et Philippe assistèrent avec leurs cours:"Les chanteurs du Roi chantèrent d'une tribune, et ceux de monseigneur d'une autre, à tour de rôle, ce qui fut chose très mélodieuse. Après la Messe tous les chanteurs chantèrent ensemble le Te Deum". En avril 1503, Philippe rendit visite à sa soeur Marguerite en Savoie lors de son voyage de retour aux Pays-Bas. A nouveau les deux chapelles princières se joignirent pour chanter la messe. A Pâques, à Villars-en-Bresse, "les chanteurs (de Philippe) et ceux du duc (de Savoie) chantèrent très bien, les uns après les autres, et maître Augustin joua son cornet avec les chanteurs, ce qui fut beau à entendre". Philippe séjourna ensuite à la cour de son père à Innsbrück. Là, non seulement le cornettiste Augustin mais "les orgues et tous les instruments" joignirent les choeurs de Maximilien et de Philippe à la messe. Le chroniqueur de Philippe écrit que "ce fut la chose la plus mélodieuse que l'on pût entendre". A la messe, quelques jours plus tard, "les sacqueboutes du Roi commencèrent le Graduel et jouèrent le Deo gratias et Ite missa est,et les chanteurs de monseigneur chantèrent l'Offertoire". Ces comptes montrent la fréquence avec laquelle les musiciens des grandes chapelles étaient en contact les uns avec les autres, et que les instruments étaient employés plutôt librement avec les choeurs dans l'exécution de la musique liturgique, dans le plain-chant et dans la polyphonie.

En 1504 Isabelle la Catholique mourut et Philippe devint roi de Castille. La cour se prépara à nouveau à voyager en Espagne. Dans la liste du personnel de la maison royale emmené en octobre 1505, il y a dix-neuf aumôniers, dirigés par "Nicole Mahieu (Mayoul) l'aîné". Immédiatement sous ce nom apparaissent ceux de Marbrianus de Orto, Pierchon de Rue, Henri Bredemercht et Alexandre Agricola. Un mois plus tard la chapelle a été augmentée de trente sept membres. Le voyage en Espagne fut entrepris au commencement de 1506, un bateau spécial fut assigné à la "chapelle, chantres et chapelains". Lors du naufrage sur les côtes anglaises deux chanteurs, parmi d'autres, perdirent la vie. Henry VII reçut Philippe et sa cour à Windsor, et les instrumentistes des deux souverains se joignirent pour divertir leurs cours pendant un banquet. Une liste de 1506 nomme trente trois membres de la grande chapelle. Marbriano de Orto est "premier chappelain" et en supplément douze trompettistes et dix "joueulx d'instruments" figurent sur la liste. Les instrumentistes et la musique espagnole étaient écoutés à la cour de Philippe. On mentionne dans les comptes le guitariste Alonso de Gystennier et une jeune fille jouant "plusieurs chansons" accompagnée "d'un étrange instrument espagnol" à la table du roi. En 1506, Quirini, l'ambassadeur vénitien écrit à son gouvernement que "dans ce pays, trois choses sont de la plus haute excellence: la soie..., la tapisserie...; la troisième est la musique, que l'on peut dire parfaite". En plus de l'inventaire des membres de la chapelle, il décrit l'organisation instrumentale de la maison: "douze trompettes de guerree, huit trombones et fifres, deux luthistes et quatre violistes".

Le 25 septembre 1506 Philippe le Beau meurt subitement à Burgos et sa cour est plongée dans la confusion. Beaucoup d'aumôniers rentrèrent chez eux. En juillet 1507 Marguerite assiste à un service en mémoire du roi Philippe dans l'église Saint Rombaut à Malines. Jean Lemaire décrit l'exécution d'une messe solennelle de Requiem par la chapelle bourguignonne:"Les chanteurs du roi défunt, chantant de pitoyables lamentations, commencèrent l'Introït du Requiem".

Moins importante que la chapelle bourguignonne, la chapelle ducale de Savoie avait un nombre substantiel de chanteurs et maintenait une tadition musicale significative. Entre 1434 et 1454 Guillaume Dufaÿ avait été son maître de chapelle. En 1503 elle comportait au moins douze chanteurs et un organiste.

Ferdinand assura la régence de Castille pour sa fille Juana, et Marguerite celle des Pays-Bas pour le jeune prince Charles. En 1507 elle reconstitua la cour bourguignonne pour son neveu à Malines et établit la sienne à proximité. L'établissement musical principal des cours fut la chapelle domestique de Charles. En 1509 elle consistait en un premier aumônier, quinze chanteurs, quatre enfants choristes, un organiste, deux prêtres, un fourier, deux clercs, deux porteurs d'orgue et un copiste de musique. Le personnel était en grande partie celui de Philippe le Beau: Marbriano de Orto premier aumônier, Pierre de la Rue parmi les chanteurs et Henri Bredemers organiste. Un nouveau nom apparaît - Pierre Alamire - "escipvain et garde de livres de la chapelle". Philippe le Beau l'avait chargé d'établir des manuscrits pour sa chapelle en 1503, et il continua à servir la cour jusqu'en 1534 comme principal scibe musical. Les archives de la cour donnent amplement la preuve de la participation habituelle d'instruments dans l'exécution de la musique polyphonique dans la chapelle. En plus des chanteurs, de l'organiste, des officiers, servants et scribe, deux "joueurs d'instruments" sont payés par Marguerite pour "avoir servi continuellement devant monseigneur dans sa chapelle, chantant et jouant tous les jours, en déchant, les Heures et le service divin".

Un document de 1512 indique le paiement de Bredmers pour avoir enseigné à Charles et à ses soeurs "l'art de la musique et de jouer de plusieurs instruments mélodieux", et en 1513 il fut payé pour avoir enseigné le tambourin aux princesses. De même un jeune homme nommé Etienne Diedeghem fut payé pour jouer des flûtes, le luth, le clavicord, l'orgue et d'autres instruments. Bredemers s'occupait aussi de la maintenance des "grandes violes" et on lui confia l'achat d'un "clavicenon".

Marguerite s'intéressa personnellement aux musiciens de sa cour et à leur travail. Elle récompensa Pierre de la Rue à plusieurs occasions, et il lui adressa plusieurs de ses compositions. Il mit au moins un de ses poèmes en musique, "Pour ung jamais". Elle s'inquièta de la santé de Josquin des Prés et écrivit au chapitre de Notre-Dame à Condé. La réponse, signée du "prevost, doyen et chapitre" l'assura que le prévôt Josquin des Prés était "en très bonne santé".

Pendant les dernières années sous la règle de Marguerite, de fréquentes exécutions musicales par les résidents et par des musiciens en visite sont répertoriées dans les archives de sa cour. Exécutions purement vocales, plutôt que celles mélangeant voix et instruments, semblent avoir été plus courantes dans la période après 1515. En 1521 le choeur de Saint Rombaut de Malines chanta pour elle à dîner, et en 1522 le choeur de garçons de Saint Donatien et de Saint Jacques de Bruges chantèrent pour elle à diverses occasions. "Chansons" et "chose faicte" (c'est à dire res facta, ou contrepoint fleuri) sont des termes fréquemment utilisés pour décrire le type de musique chantée; en 1527 le choeur de garçons de Notre-Dame du Sablon de Bruxelles chanta des "chansons et chose faicte" pour elle et les "chanteurs de M.(Philippe de Clèves,seigneur) de Ravestein vinrent plusieurs fois de Bruxelles à Malines pour chanter 'chose faicte' pour Madame". Les choeurs des églises visitées par Marguerite préparaient souvent des exécutions spéciales pour elle, comme le fit celui de Sainte Gudule à Bruxelles en 1523.

Les exécutions instrumentales étaient nullement négligées. Les ensembles étaient normalement composés soit de hautsou basinstruments, rarement un mélange des genres. Parmi les hauts ensembles, des quatuors formés de deux hautbois et de deux sacqueboutes ou trompettes prédominaient. Les bas ensembles comprenaient souvent un tabor. Les documents indiquent: quatre joueurs de luth, tabor et rebecs, servants du Cardinal Wolsey; des joueurs de viole et tabor, d'autres de harpe, rebecs et tabor; quatre joueurs de tabors, orgues et fifres employés par le prince d'Orange, etc. Une curieuse exécution de joueurs de harpe et psaltérion de Mons est parmi les nombreux nommés. Des solistes sont aussi répertoriés: un joueur de "lire" du roi d'Angleterre, et "l'organiste de monsieur de Fiennes "jouant" un instrument appelé espinette pour (madame) à dîner". Ces musiciens étaient en visite; en plus, ses propres chanteurs et musiciens et ceux de la cour de l'empereur jouaient régulièrement. Remond Fabri la divertissait de sa flûte et tabor; les trompettistes de l'empereur jouaient pour elle au dîner; son tambourin, Picot, et ses violistes jouaient pour elle.. A une occasion, "maistre Henry le Liègeois, chantre de la chapelle domestique de l'empereur, chanta la Passion pour elle le Jeudi Saint".

La musique faisait partie de la vie quotidienne de la cour de Marguerite. A partir des archives nous pouvons beaucoup savoir quand et comment la musique était exécutée, et parfois par qui, mais rarement ce que cette musique était. Seuls les manuscrits préparés ou utilisés à la cour peuvent nous révéler le répertoire de ces musiciens."

oeuvres interprétées par l'Ensemble Ars Antiqua de Paris

Publié le 15/09/2011 à 14:22 par pierredelarue Tags : fille

Ars Antiqua de Paris interprète depuis plusieurs années l'oeuvre de Pierre de la Rue avec son ensemble de voix solistes, au concert ou en disque. Voici les oeuvres interprétées:

Missa de Sancto Antonio (à 4)

Missa pro fidelibus defunctis (à 5)

Missa Tous les regretz (à 4)

Missa de Septem doloribus (à 5)   Naxos 8.554656

Missa Pascale (à 5)    Naxos 8.554656

Missa Puer natus est (à 4)    Sands Films

Missa de Sancta Cruce (à 5)   Sands Films

Missa Nunca fué pena mayor (à 4)

Laudate Dominum omnes gentes (à 4)   Sands Films

Magnificat tone IV (à 4)   Sands Films

Pater de caelis, Deus (à 6)   Naxos

Vexilla Regis/Passio Domini (à 4)   Naxos

Lamentationes Sabbato Sancto, Lectio Tertia (à 5)

Absalom fili mi (à 4)

Quis dabit pacem (à 4)

Pourquoy non

Pourquoy tant me faut-il?

De l'oeil de la fille du roy (rondeau)

Tous les regretz (rondeau)

Pour ung jamais


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